L'Oise Agricole 14 septembre 2017 à 09h00 | Par Dominique Lapeyre-Cavé

Quand Nicolas Hulot prône la fin de l’agro-écologie !

Le non-renouvellement du glyphosate pourrait engendrer de lourdes pertes économiques au plan national.

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Nicolas Hulot.
Nicolas Hulot. - © Jennifer Jacquemart/PE

Nicolas Hulot s’est prononce contre le renouvellement de l’autorisation de l’utilisation du glyphosate, qui sera mise au vote en octobre a la commission europeenne. À l’heure ou notamment l’agro-ecologie et l’agriculture de conservation, pratiques soutenues par le gouvernement, luttent contre la degradation des sols, le ministre annonce volontairement leur disparition. Les agriculteurs travaillent depuis des annees a ameliorer leur environnement et a repondre a la demande societale de pratiques plus respectueuses. La remise en cause des solutions techniques actuelles sans alternative adaptee conduira a une impasse agronomique puis economique pour l’agriculture française. C’est la remise en cause permanente des normes environnementales sans assurer de solutions alternatives et sans concertation qui détruisent tous les jours un peu plus le potentiel de productivité agricole français ainsi que l’effort environnemental déjà consentis.

Thierry Dupont, président d’Agora
Thierry Dupont, président d’Agora - © Dominique Lapeyre-Cavé

«Des messages contradictoires vers le monde agricole»

Cette volonté de ne pas renouveler l’homologation du glyphosate est tout à fait unilatérale et au détriment des agriculteurs auxquels aucune solution de remplacement n’est proposée.

Alors que l’on prône le moindre travail du sol et le non labour, j’ai bien peur que l’on voie réapparaître des maladies, essentiellement dues à des champignons, comme l’ergot du seigle et du blé.

De plus, alors que nos blés sont en concurrence directe avec ceux d’autres régions du monde, j’imagine mal comment nos productions, dont les rendements réduiront forcément, pourront résister. Il faut nous dire si l’on veut que l’agriculture soit un secteur performant qui œuvre à l’équilibre économique du pays ou si, au contraire, on doit laisser l’exportation. Déjà que les marchés sont déprimés en ce moment, ce débat est un coup de plus sur la tête des agriculteurs qui se sentent vraiment désarmés.

On cherche vainement la cohérence et la lisibilité dans tous ces messages contradictoires qui nous sont envoyés.

Guillaume Chartier, président de la FDSEA 60
Guillaume Chartier, président de la FDSEA 60 - © Dominique Lapeyre-Cavé

«Trouver d’abord des solutions alternatives avant de supprimer le glyphosate»

D’abord, il faut rappeler que l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation) et les autres agences européennes et allemandes ont exprimé l’absence de risque du glyphosate pour la santé. Nicolas Hulot s’asseoit aujourd’hui sur les avis scientifiques.

Il n’existe pas à l’heure actuelle d’autres solutions contre des adventices annuelles ou vivaces. Sans le glyphosate, nous serions dans une impasse technique alors que, par ailleurs, nous essayons de développer des techniques de non travail du sol et de semis sous couvert qui vont de paire avec l’utilisation du glyphosate.

Nous nous sommes mobilisés sur cette question. Des courriers ont été envoyés à la Présidence de la République, aux parlementaires et, à Terres de Jim, nous sommes allés expliquer notre position aux visiteurs.

Les agriculteurs se passeront bien volontiers de glyphosate quand les instituts technqiues auront trouvé des solutions de remplacement, qu’elles soient agronomiques, relèvent de techniques culturales ou soient apportées par la chimie verte.

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